Giani Sabia
Chant & GuitareJe suis auteur, compositeur et chanteur du groupe Lemon Straw. J'ai grandi à Frameries, dans le Borinage, et la musique est entrée très tôt dans ma vie. Enfant, je passais des heures à écouter la radio avec ma mère. À la maison, on écoutait les grands tubes de la pop des années 70 et 80, mais aussi beaucoup de variété française et italienne. Très jeune, je me suis plongé dans les Beatles et dans toute cette culture pop mélodique.
Mes premiers pas sur scène se sont faits presque par jeu, lors de concours de playback auxquels ma mère m'avait inscrit avec ma sœur. Je ne chantais pas encore vraiment, mais je découvrais la scène, les lumières, le trac, et surtout quelque chose qui m'a beaucoup marqué : la sensation de devenir quelqu'un d'autre le temps de monter sur scène, de découvrir une autre partie de moi-même. J'ai toujours fredonné des airs depuis mes plus loin souvenirs d'enfance, sans vraiment me rendre compte que je chantais. La première fois que je me suis vraiment entendu, c'est parce que des copains m'avaient enregistré sans me le dire. Quand ils m'ont fait écouter, je n'avais même pas reconnu ma voix.
Plus tard, quand j'étais adolescent, mon père a ouvert un piano-bar en parallèle de son travail à l'usine. J'y ai passé énormément de temps, d'abord pour aider, puis simplement parce que je me sentais bien dans cet endroit, au milieu des musiciens et des chansons. Et puis un soir, après le service, des clients m'ont demandé de chanter. J'ai hésité, puis je l'ai fait. C'est dans ce piano-bar que j'ai pris confiance pour la première fois et que j'ai compris que chanter ferait toujours partie de ma vie.
J'ai ensuite travaillé pendant plusieurs années à l'usine. C'est là que j'ai compris une chose simple : puisqu'il faut travailler dur dans la vie, autant le faire pour quelque chose qui a du sens pour soi. C'est à ce moment-là que j'ai pris la décision de me consacrer sérieusement à la musique.
La rencontre avec Boris, puis avec Renaud, a marqué un tournant. La musique est devenue un vrai projet, une direction. Mais à un moment, j'ai eu besoin de prendre du recul. Je suis donc parti vivre à l'étranger, d'abord en Angleterre, puis à New York. Un jour, Boris est venu me rendre visite à New York. Avant de repartir, il m'a dit simplement : « Si un jour tu rentres en Belgique et que tu as des chansons, on pourrait peut-être faire de la musique ensemble. » C'est comme ça que l'aventure Lemon Straw a commencé.
Aujourd'hui, à travers Lemon Straw et les chansons que j'écris, j'essaie de faire quelque chose de simple : écrire des chansons sincères. Je crois aux mélodies simples, mais fortes. Ce qui est beau, c'est que chacun voyage avec les chansons d'une manière différente de la mienne, et c'est sans doute là que la musique devient quelque chose de vivant.